Des psychoéducateurs témoignent de ce que représente la profession à leurs yeux.
Être psychoéducatrice, c’est apprendre chaque jour, comprendre, traduire les comportements en besoins, évaluer, planifier, intervenir avec les milieux; accumuler les expériences et continuer à aider, mieux. C’est croire tellement aux capacités de l’autre, qu’il n’a d’autre choix que de se mobiliser vers ses buts. C’est aussi s’affirmer dans des équipes, se distinguer, collaborer et respecter.
Être psychoéducatrice, c’est avoir toujours du bonheur à entrer en relation et accompagner; rester authentique, sensible; être quelquefois envahie, heureuse, triste, déçue, en colère; bien se connaître, se relever et continuer; vivre avec l’autre, s’attacher, se détacher.
- Johanne Dubord, psychoéducatrice
Selon moi, être psychoéducatrice, c’est, entre autres, aider suffisamment sans en faire trop, établir un lien de confiance sans créer de dépendance, s’investir sans être intrusif, développer l’empathie sans verser dans la sympathie. Trouver cet incontournable équilibre, afin d’éviter de se substituer aux capacités de la personne ou d’agir à sa place, est un des grands défis des psychoéducateurs.
- Marie-Christine Harguindéguy-Lincourt, psychoéducatrice
Être psychoéducateur, pour moi, en plus d’être un professionnel de la réadaptation, c’est aussi être un modèle authentique tel un miroir permettant à l’autre de se voir, de s’apprécier et de se reconnaître. C’est écouter, entendre et refléter à l’autre sans jugement ses paroles, ses actions et son vécu quotidien. C’est contribuer à son évolution en incitant sa conscience, ses changements positifs, ses apprentissages ou sa recherche de solutions adéquates. C’est prévenir certains troubles de comportement en stimulant la résilience en l’autre, tout en lui démontrant le beau, le bon et le potentiel inexprimé encore en lui. C’est l’encourager, le soutenir, le guider et l’accompagner dans les moments présents. Mais c’est aussi voir la lumière dans les yeux de l’autre qui reprend vie de temps en temps, de plus en plus souvent…
- Christian-René Leduc, psychoéducateur
Être psychoéducateur signifie intervenir de façon éducative. Ceci veut dire soutenir la personne à apprendre, à expérimenter, à faire des synthèses, à intégrer; en somme soutenir la personne dans son développement. L'action du psychoéducateur se situe dans la vie réelle de tous les jours. Il accompagne dans le quotidien. Il est moins intéressé à analyser le passé qu’à soutenir le nouvel apprentissage, il vise moins à soigner qu’à favoriser une nouvelle intégration; sa compréhension de la personne lui sert à l'aider à trouver des solutions à ses problématiques. L'herméneutique est son principal instrument, puisqu'observant les phénomènes de la vie courante, il tente de leur trouver un sens et d'intervenir en tenant compte de ce sens.
- Jean McComber, psychoéducateur
Être psychoéducatrice, c’est une belle occasion de faire un bout de chemin avec une personne et de lui prêter mon expérience pour peut-être réorienter sa route. C’est redresser quelques arbres, embellir les côtés, histoire de rendre le chemin plus attrayant. C’est aussi de définir une nouvelle route, de défricher avec mon client. C’est me tromper, parfois, et le partager avec mon client, parce que tout le monde peut se tromper. C’est me relever avec lui, ou l’accompagner à se relever, parce qu’on peut se relever après être tombé.
- Julie Racine, psychoéducatrice