Appui de l’Ordre à la collaboration interprofessionnelle

Le 1er juin dernier, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, le Collège des médecins du Québec Denis Leclerc Photo 2et l’Ordre des pharmaciens du Québec ont effectué le lancement officiel d’un Énoncé de position conjoint sur la collaboration interprofessionnelle. Pas moins de 20 ordres œuvrant tous dans le secteur de la santé et des services sociaux, dont l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, ont officiellement donné leur appui à cette initiative ainsi qu’au contenu de l’énoncé de position.

Tous les ordres ont comme mission commune la protection du public, ce qui se traduit notamment par la promotion de pratiques professionnelles de qualité. Pour ce faire, les ordres signataires considèrent que la collaboration interprofessionnelle, dans un contexte de pratique collaborative, est un modèle de bonne pratique à privilégier. Cela se manifeste entre autres par une approche centrée sur le patient comme partenaire de soin et le partage des expertises professionnelles.

Il est intéressant de constater que les trois ordres initiateurs de la démarche ont souhaité faire cette promotion de la collaboration interprofessionnelle en donnant d’abord l’exemple d’une collaboration entre eux. Celle-ci pourra se traduire par la diffusion de messages communs auprès de leurs membres respectifs ainsi que par des représentations auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux pour favoriser le déploiement d’équipes interprofessionnelles dans les différents secteurs de pratique. L’appui de 20 ordres œuvrant dans le même secteur est tout aussi positif et traduit cette même volonté de collaboration. D’ailleurs, les neuf ordres du domaine de la santé mentale et des relations humaines viennent de se regrouper au sein d’une nouvelle table qui favorisera la concertation entre eux sur des dossiers touchant la protection du public et des enjeux d’intérêt commun.

Ultimement, cette collaboration interprofessionnelle devra surtout s’observer sur le terrain, entre les intervenants de différentes professions. Dans les faits, la place de la multidisciplinarité est déjà bien implantée dans la plupart des milieux de pratique. Je suis convaincu que dans une telle dynamique de collaboration interprofessionnelle, les psychoéducateurs peuvent devenir des acteurs importants dans leurs différents milieux de pratique. En effet, de par leur approche généraliste et la place importante qu’ils accordent à l’analyse de l’environnement dans leurs évaluations, leur contribution est souvent complémentaire à plusieurs autres professionnels et sollicitée par eux, comme c’est le cas en santé mentale par exemple. Il n’en revient donc qu’à nous d’aborder ces changements comme étant des défis et opportunités à saisir pour l’amélioration de la qualité des services auprès des clientèles les plus vulnérables.

Dans le réseau de la santé et des services sociaux, l’arrivée des CISSS et CIUSSS pourrait favoriser et encourager cette collaboration par le décloisonnement des différents secteurs de pratique. L’avenir nous éclairera sur cette question. Toutefois, l’implantation de réelles pratiques collaboratives n’est surtout pas qu’affaire de structures mais beaucoup également d’ouverture et d’initiatives de la part des différents professionnels sur le terrain. Les conditions gagnantes reposent sur le respect des champs d’exercice des différentes professions, une communication efficace ainsi qu’une définition claire des rôles et responsabilités de chacun.

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