Intervenir auprès des personnes atteintes d’autisme

Denis Leclerc Photo 2Depuis maintenant plus de 30 ans, au Québec, avril est identifié comme étant le mois de l’autisme. C’est l’occasion de sensibiliser la population en général à la réalité vécue par les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA) et leurs proches. Selon la Fédération québécoise de l’autisme, la prévalence de ce trouble est d’environ 1 % de la population et le nombre de personnes touchées est en hausse constante. La Fédération souligne notamment qu’entre 2005 et 2011, le nombre d’élèves scolarisés présentant un TSA dans le secteur public a doublé pour atteindre 8318 enfants.

Les caractéristiques associées à l’autisme ont une incidence importante pour les personnes qui en sont atteintes dans les différents volets d’interaction avec leur environnement. Ainsi, que ce soit sur les plans de la socialisation, de l’autonomie ou encore de l’intégration dans les contextes les plus normalisants possible, notamment à l’école, les défis rencontrés par les personnes ayant un TSA sont multiples et souvent importants. Les différentes transitions telles que le passage de la garderie à l’école, celui du primaire au secondaire ou encore de l’école vers le marché du travail sont fréquemment vécues de manière particulièrement difficile.

À l’école, les enfants atteints d’un TSA sont plus susceptibles que d’autres d’être victimes de rejet ou d’intimidation. Leurs difficultés sur le plan des interactions sociales les amènent souvent à s’isoler, ce qui les prive ainsi du soutien d’amis qui représentent habituellement un facteur de protection face à l’intimidation. Leurs comportements parfois atypiques peuvent également augmenter les risques de stigmatisation. De plus, ils sont souvent peu habiles à régler eux-mêmes les conflits avec les autres élèves.

Si les défis reliés à l’autisme sont importants pour les personnes présentant un TSA, il en va de même pour leurs proches. Dépendamment du niveau d’atteinte de leur enfant, l’engagement parental peut se traduire, pour les parents, par la nécessité d’une présence presque constante qui, dans bien des cas, s’échelonnera au-delà de l’âge adulte. Ces parents, aussi dévoués et attachés qu’ils soient à leur enfant, ont besoin du soutien de leur entourage et de ressources spécialisées.

Pour les différents intervenants qui travaillent auprès de la clientèle atteinte d’un TSA, il est facile de voir les multiples limites qui caractérisent ces personnes. Ce qui est important toutefois, si l’on souhaite favoriser la meilleure intégration possible, c’est de savoir identifier et miser sur les forces des individus et de leur entourage. L’approche du psychoéducateur, centrée sur l’identification des difficultés d’adaptation et des capacités adaptatives de la personne, s’avère très pertinente auprès de la clientèle ayant un TSA.

Les psychoéducateurs sont de plus en plus présents au sein des équipes multidisciplinaires travaillant tant avec les enfants que les adultes présentant un TSA. De par leurs compétences en observation ainsi que leur expertise lorsqu’il est question de l’évaluation des comportements, ils peuvent contribuer à l’évaluation diagnostique et aider à orienter l’intervention par la suite. L’approche adoptée par les psychoéducateurs est de nature systémique et basée sur l’interaction entre la personne et son environnement. À ce titre, ils interviennent pour favoriser la meilleure intégration des personnes étant atteintes d’un TSA, ce qui demeure un objectif central de l’intervention auprès de cette clientèle.

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