La Grande rencontre sur l'intégration professionnelle des immigrants

L’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrice du Québec reçoit peu de demandes d’admission de la part de personnes formées à l’étranger. Depuis la création de l’OPPQ, en 2010, à peine une dizaine de demandes sont traitées à chaque année. Elles proviennent d’immigrants d’Euripe, d’Afrique ou d’Amérique du Sud, formés majoritairement en psychologie ou en éducation. Le faible volume de demandes de la part des personnes immigrantes s’explique en partie par le fait que la profession de psychoéducateur n’existe nulle part ailleurs qu’au Québec. Pourtant les difficultés d’adaptation que traitent les psychoéducateurs sont, elles, universelles : troubles de comportement, délinquance, déficience intellectuelle, troubles du spectre de l’autisme, problèmes de santé mentale, etc. Des personnes qualifiées offrent sûrement, hors du Canada, des services aux enfants, jeunes ou adultes qui présentent ce type de profil. Ces personnes présentent des profils de formation et des expériences en relation d’aide ou en éducation spécialisée qu’ils n’associent pas spontanément à la profession de psychoéducateur.

Notre processus d’admission actuel ne permet pas à ces personnes de se projeter dans la profession de psychoéducateur ni d’entreprendre des démarches pour faire reconnaître leurs compétences. Les outils servant à évaluer les acquis de ces candidats se limitent à leurs parcours de formation universitaire. C’est pourquoi l’Ordre a entrepris récemment la révision de ses processus d’admission par équivalence et s’oriente vers une approche par compétences. Une subvention par le MIDI permettra de développer un programme d’évaluation des compétences et de reconnaissance des acquis expérientiels des candidats à la profession de psychoéducateur formés à l’étranger. Le socle de ce programme réside dans un référentiel de compétences explicite, présentant à la fois les connaissances requises, les habiletés à mettre en œuvre et les attitudes à adopter pour exercer en tant que psychoéducateur. Ce document doit aussi rendre compte des réalités actuelles de la profession, y compris les activités légalement réservées au psychoéducateur. Il devient la base à partir de laquelle seront élaborés des outils qui serviront aussi bien au candidat à l’admission qu’au comité chargé d’évaluer son dossier et de l’orienter vers les formations complémentaires nécessaires. Les informations fournies sur le site Internet de l’Ordre permettront aux personnes immigrantes de connaître les compétences et les actions poses par un psychoéducateur et de les aider à juger de leur potentiel d’admissibilité. Ces nouvelles orientations sont cohérentes avec les volontés exprimées de reconnaître les compétences des personnes formées à l’étranger et de les soutenir dans leur parcours d’intégration.  

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