La psychoéducation : une discipline ayant des racines québécoises

Par :
Denis Leclerc, ps. éd., président, Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec
Saïd Bergheul, Ph.D., professeur et directeur du programme de la maîtrise en psychoéducation, Université du Québec en Abitibi-Téminscamingue
Caroline Couture Ph.D., ps.éd., professeure titulaire et directrice du département de psychoéducation, Université du Québec à Trois-Rivières
Diane Dubeau, Ph.D., co-directrice du Module en psychoéducation, Université du Québec en Outaouais
Michel Janosz, Ph.D., professeur titulaire et directeur de l’École de psychoéducation, Université de Montréal
André Plamondon, Ph.D., professeur agrégé et directeur des programmes en psychoéducation, Université Laval
Luc Touchette, Ph.D., professeur titulaire et directeur du département de psychoéducation, Université de Sherbrooke

Gilles Gendreau, Jeanine Guindon, Euchariste Paulhus. Nous sommes plus de 5000 personnes pour qui ces noms résonnent et qui témoignons un profond respect à la discipline qu’ils ont fondée : la psychoéducation.

La psychoéducation est une discipline typiquement québécoise créée dans les années 1950 par des humanistes qui croyaient en la nécessité d’intervenir de façon différente auprès d’enfants présentant des troubles affectifs graves, d’adolescents délinquants incarcérés dans les prisons d’adultes et d’enfants abandonnés, hébergés dans des centres spécialisés. Les trois fondateurs ont créé des institutions et ont contribué à développer la profession de psychoéducateur.

Le modèle psychoéducatif et la structure d’ensemble de Gendreau, l’intervention avec la personne à même son quotidien, communément appelée le vécu partagé, les étapes de la rééducation de Guindon, et les axes d’intervention de Paulhus auprès des enfants vivant avec une déficience intellectuelle, ont constitué les bases des premiers programmes de formation universitaire de psychoéducation. Une discipline qui a évolué sur les assises créées par ces pionniers; elle s’enseigne maintenant dans six universités québécoises et s’actualise par plus de 5000 psychoéducatrices et psychoéducateurs oeuvrant auprès des personnes de tous âges vivant des difficultés d’adaptation.

Si nous prenons la parole aujourd’hui, c’est pour souligner le décès d’Euchariste Paulhus, le dernier des fondateurs de la psychoéducation. Euchariste Paulhus est à l’origine de la formation en psychoéducation de l’Université de Sherbrooke où il a reçu le titre de professeur émérite en éducation. Son expérience terrain, ses enquêtes, les rencontres avec des jeunes et des spécialistes l'ont conduit à la production de nombreux ouvrages distribués partout dans le monde, dont Enfants à risque, ouvrage synthèse des cours donnés et des expériences réalisées de 1950 à 1990. Euchariste Paulhus nous a laissé un souhait lors d’une entrevue accordée il y a une dizaine d’années, un souhait toujours d’actualité : que soient considérés comme les plus importants ceux qui travaillent constamment sur le terrain avec les enfants, qui sont là où ça se passe. Un souhait cohérent avec une profession qui s’est créée par la rencontre de la science, de l’expérimentation et de la définition précise du besoin à combler.

En effet, répondre au besoin spécifique de la personne, étudier son environnement et agir sur les interrelations entre la personne et son environnement sont les leviers sur lesquels s’appuient encore aujourd’hui les psychoéducatrices et psychoéducateurs dans leurs interventions.

M. Paulhus, Mme Guidon et M. Gendreau, vous pouvez compter sur les psychoéducatrices et psychoéducateurs pour poursuivre votre œuvre : avoir une présence qui fait la différence, sur le terrain, auprès de personnes en grands besoins d’adaptation, que ce soit des enfants pour qui la socialisation comporte des défis particuliers, des adolescents qui vivent une période de transition turbulente, des adultes qui doivent s’adapter à leur nouvelle réalité de parents ou des aînés amenés à changer de milieu de vie.

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